Le président de la transition du Mali, le général Assimi Goïta, a entamé une visite officielle à Moscou le dimanche 22 juin 2025. Cette visite, la seconde depuis 2023, marque une étape décisive dans le renforcement de la coopération stratégique entre le Mali et la Russie. Elle intervient dans un contexte où Bamako cherche à diversifier ses partenariats, à affirmer sa souveraineté et à répondre aux aspirations profondes de son peuple : la paix, la sécurité et le développement durable.
Le lundi 23 juin, le président Goïta et son homologue russe Vladimir Poutine ont procédé à la signature de plusieurs accords majeurs au Kremlin. Ces accords traduisent une volonté commune de bâtir une coopération élargie et durable. Ils portent notamment sur :

La création d’une commission intergouvernementale russo-malienne destinée à renforcer les échanges économiques, scientifiques et techniques ;
L’exploitation pacifique de l’énergie nucléaire en partenariat avec l’agence Rosatom ;
Le renforcement de la coopération sécuritaire, incluant la formation et l’équipement des Forces armées maliennes (FAMa).
Lors de la cérémonie, Vladimir Poutine a salué « l’approfondissement des relations russo-maliennes » et évoqué des perspectives prometteuses dans des secteurs tels que l’énergie, la logistique, les ressources naturelles, ainsi que la coopération humanitaire.
Cette visite intervient alors que le Mali fait face à une situation sécuritaire toujours préoccupante. Attaques djihadistes, criminalité organisée, et instabilité dans plusieurs régions continuent de menacer la paix. Face à la lenteur ou au désengagement de certains partenaires traditionnels, les autorités maliennes ont choisi d’opérer un rééquilibrage diplomatique. La Russie, perçue comme un partenaire fiable, s’est progressivement imposée comme un allié stratégique.

Depuis 2021, Moscou soutient activement les FAMa à travers la fourniture d’équipements militaires et de formations spécialisées. Ce soutien a été déterminant dans la lutte contre le terrorisme et dans les efforts de restauration de l’autorité de l’État malien sur l’ensemble de son territoire.
Sur le plan économique, les échanges restent encore modestes — estimés à 35 millions de dollars en 2023 selon l’International Trade Center — mais les perspectives sont prometteuses. Les deux pays misent notamment sur le développement des secteurs miniers, agricoles et logistiques. La création d’une commission intergouvernementale devrait permettre de structurer ces coopérations et de les faire monter en puissance.
Par ailleurs, cette alliance renforce la position de la Russie au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Les trois pays partagent la volonté de refonder l’ordre politique et sécuritaire dans la sous-région, loin des influences extérieures traditionnelles.
