Lomé, 6 mai 2025 – Dans un contexte où l’intégration régionale demeure au cœur des priorités politiques et économiques de l’Afrique de l’Ouest, la capitale togolaise accueille, du 5 au 10 mai 2025, la 2e réunion délocalisée de la Commission mixte Infrastructures, Agriculture, Environnement, Ressources Naturelles, Énergie et Mines du Parlement de la CEDEAO. Un événement d’importance stratégique placé sous le thème : « Le transport aérien comme moyen d’intégration des peuples ouest-africains : stratégie de réduction des coûts des billets d’avion. »
Cette session parlementaire réunit des députés venus de toute la région ouest-africaine, des experts du secteur du transport aérien, ainsi que des représentants d’institutions régionales et internationales.

Dans son discours d’ouverture, la Présidente du Parlement de la CEDEAO, l’honorable Hadja Mémounatou Ibrahima, a dressé un état des lieux sans concession du secteur aérien dans la sous-région. Elle a souligné l’absurdité de la situation actuelle où « un citoyen ouest-africain peut payer plus cher pour se rendre dans un pays voisin que pour voyager vers l’Europe ou le Moyen-Orient ». Selon elle, ce paradoxe freine non seulement la mobilité des populations, mais compromet aussi les efforts d’intégration économique et sociale.
Elle a salué l’engagement du Togo, hôte de cette réunion, et du Président Faure Essozimna Gnassingbé, désigné champion du Marché Unique du Transport Aérien Africain (MUTAA), pour leur rôle moteur dans la promotion d’une aviation accessible en Afrique de l’Ouest. L’aéroport international Gnassingbé Eyadéma de Lomé, considéré comme l’un des hubs aériens les plus dynamiques de la sous-région, symbolise cette volonté de modernisation et de connexion régionale.
Mme Ibrahima a mis en lumière les obstacles structurels et réglementaires qui freinent l’émergence d’un marché aérien compétitif et équitable :
- la cherté des taxes aéroportuaires ;
- la multiplication des redevances et frais techniques ;
- faible coopération entre les autorités de l’aviation civile ;
l’application partielle de la Déclaration de Yamoussoukro de 1999, pourtant censée libéraliser le transport aérien sur le continent.
Elle a également insisté sur l’importance de l’harmonisation des politiques nationales, la mise en œuvre effective des engagements régionaux, et le développement d’infrastructures modernes et durables.
Au-delà du confort des passagers, l’accès à un transport aérien moins coûteux et mieux structuré est un facteur de croissance. Il facilite les échanges commerciaux, la libre circulation des personnes et des biens, la coopération universitaire et scientifique, ainsi que le développement du tourisme intra-africain.

Pour Mme Ibrahima, « le ciel ouest-africain ne doit pas être un luxe réservé à une élite. Il doit devenir un espace de solidarité, d’échange et d’opportunités pour tous les citoyens de la CEDEAO, quelle que soit leur classe sociale. ». Les travaux parlementaires en cours à Lomé devraient aboutir à une série de recommandations concrètes, notamment :
- une réduction des charges fiscales sur les billets ;
- une meilleure coordination entre les compagnies aériennes régionales ;
- le développement de lignes directes entre capitales ouest-africaines ;
- et la création de mécanismes incitatifs pour stimuler la concurrence et améliorer les services.
Les députés de la CEDEAO, en lien avec les gouvernements et les partenaires techniques, auront la responsabilité d’impulser une nouvelle dynamique dans le secteur aérien régional.
En accueillant cette réunion, Lomé réaffirme son rôle de plateforme stratégique pour l’Afrique de l’Ouest. La ville devient ainsi le carrefour de la réflexion sur une aviation africaine intégrée, résiliente, et tournée vers l’avenir.
À travers cette initiative, Hadja Mémounatou Ibrahima s’illustre non seulement comme une cheffe d’institution engagée, mais aussi comme une fervente défenseure d’une CEDEAO des peuples, où la mobilité devient un droit, non un privilège.
