La réunion du Comité des ministres du Conseil de l’Entente s’est tenue ce vendredi 22 novembre à Lomé, rassemblant les représentants des cinq pays membres pour examiner le rapport annuel de performance de l’organisation. Sous la présidence de Faure Essozimna Gnassingbé, président de la République togolaise et président en exercice de la conférence des chefs d’État du Conseil, cette rencontre revêt une importance particulière dans un contexte marqué par des bouleversements politiques et sécuritaires en Afrique de l’Ouest.
Le ministre des Affaires étrangères, prof. Robert Dussey, a ouvert les travaux en insistant sur la nécessité de repenser le positionnement du Conseil de l’Entente pour mieux répondre aux défis actuels. Selon ses propos, cette organisation intergouvernementale régionale, fondée en 1959, est un acteur historique de l’intégration sous-régionale et doit adopter une approche audacieuse pour rester pertinente. Le Conseil, qui regroupe le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Niger et le Togo, a pour vocation de promouvoir la solidarité, la paix et le développement entre ses membres.

Malgré ses bases solides, l’organisation est confrontée à des défis sans précédent. Les récents coups d’État au Burkina Faso et au Niger, deux membres fondateurs, ont considérablement modifié les équilibres politiques régionaux. Les intentions de ces pays quant à leur maintien ou leur retrait du Conseil de l’Entente restent flous, suscitant des interrogations sur l’avenir de cette institution. Si ces deux États ont exprimé leur volonté de quitter la CEDEAO, leur position vis-à-vis du Conseil demeure incertaine, bien que celui-ci ait un rôle moins politisé et davantage axé sur la coopération économique et sociale.
Depuis sa création, le Conseil de l’Entente a joué un rôle essentiel dans le renforcement des liens entre les pays membres. À travers des projets communs dans des secteurs clés tels que l’agriculture, les infrastructures et la santé, il a contribué à instaurer un climat de collaboration mutuellement bénéfique. Aujourd’hui, dans un contexte de fragmentation politique et de tensions régionales, il est impératif de redéfinir ses priorités et de relancer son rôle de plateforme de coopération. Contrairement à la CEDEAO, souvent perçue comme focalisée sur les crises politiques et sécuritaires, le Conseil de l’Entente pourrait se recentrer sur des initiatives concrètes et tangibles en faveur du développement durable.

Le Conseil de l’Entente doit également innover pour rester attractif et pertinent. De nouvelles initiatives, adaptées aux enjeux actuels, pourraient inclure des projets axés sur la jeunesse, la transition énergétique ou encore la digitalisation. Ces perspectives offrent un cadre prometteur pour renforcer l’impact de l’organisation et attirer des partenaires extérieurs, tout en répondant aux attentes des populations des pays membres.
Le succès de cette réunion dépendra de la capacité des membres à dépasser les divergences politiques et à s’unir autour d’objectifs communs. À une époque où l’Afrique de l’Ouest est confrontée à de multiples défis, le Conseil de l’Entente a l’opportunité de se repositionner comme un acteur clé de la coopération régionale, porteur d’espoir et de solutions pour ses membres.
