Mardi 28 octobre 2025, l’Assemblée nationale du Togo a procédé à l’élection de son nouveau bureau lors d’une séance plénière tenue à Lomé. À l’unanimité des 109 députés présents, l’ancien Premier ministre Komi Sélom Klassou a été élu président de l’institution, succédant à Kodjo Sévon-Tépé Adedze, nommé ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme dans le nouveau gouvernement.

Cette élection marque une étape importante dans la recomposition du pouvoir législatif togolais, désormais aligné sur le régime parlementaire instauré récemment. En plus du président, cinq vice-présidents ont été élus pour constituer un bureau complet, reflétant la diversité politique et régionale du pays.

La première vice-présidence revient à Mémounatou Ibrahima, députée influente du parti UNIR et actuelle présidente du Parlement de la CEDEAO. Elle incarne la continuité diplomatique et l’expérience institutionnelle. À la deuxième vice-présidence, le député Richard Gbalgueboa Kangbeni, ancien ministre, fait son retour au sommet de l’hémicycle.
Le troisième vice-président est Ouro Sama Mohamed Sade, tandis que le quatrième poste est occupé par Ayao Drzéké, déjà actif dans les précédentes législatures. Enfin, la cinquième vice-présidence est confiée à Mme Wella Paoumandome, dont l’ascension illustre la montée en puissance des femmes dans les sphères décisionnelles togolaises.

Du côté de l’opposition, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer un processus jugé peu inclusif. Des députés du Mouvement Patriotique pour la Démocratie et le Développement (MPDD) et du Parti des Togolais ont critiqué l’absence de concertation préalable et le manque de représentativité dans la composition du bureau. Le Parti National Panafricain (PNP), par la voix de ses représentants, a dénoncé une « confiscation du pouvoir législatif » et a appelé à une réforme du mode de désignation des membres du bureau. Le Front Citoyen Togo Debout (FCTD), quant à lui, a exprimé son inquiétude face à ce qu’il considère comme une marginalisation des forces alternatives dans les institutions.
Certains leaders de la société civile ont également réagi, estimant que cette configuration du bureau ne reflète pas les aspirations démocratiques du peuple togolais. Malgré ces critiques, le bureau a été validé conformément au règlement intérieur de l’Assemblée, et les nouveaux membres ont prêté serment devant les députés. Le président Klassou a promis de travailler dans un esprit de dialogue et de transparence, tout en appelant à une collaboration constructive entre majorité et opposition.
Stagiaire assistante à la rédaction: Ruth ETEKPOR
