Au Togo, la corruption dans la commande publique reste un obstacle majeur au développement. Face à ce défi, l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) affiche une détermination sans faille pour assainir le secteur. Lors de la Journée internationale de lutte contre la corruption, célébrée le 10 décembre 2024, l’ARCOP a dévoilé les résultats de ses investigations, exposant les pratiques frauduleuses les plus courantes et les sanctions prévues.
Les enquêtes menées par la Direction des investigations et enquêtes, dirigée par le magistrat Mensah Hillah, ont mis en lumière des irrégularités telles que :
– Collusion entre soumissionnaires pour manipuler les prix des offres.
– Fractionnement des marchés pour contourner les seuils réglementaires.
– Surfacturation et fausses facturations.
– Influence sur les décisions d’attribution.
– Fourniture de documents falsifiés pour justifier des qualifications inexistantes.

Ces pratiques, largement répandues dans les administrations, fragilisent la commande publique, souvent décrite comme le « nid de la corruption » au Togo.
Depuis quelques années, l’ARCOP a reçu 133 dénonciations, dont la majorité provient des communes. Ces signalements ont permis de prendre des mesures concrètes, allant des sanctions contre des opérateurs économiques malveillants à des poursuites contre des agents publics impliqués dans des trafics d’influence et des abus de fonction.
Selon le Directeur Général de l’ARCOP, Aftar Touré Morou, ces résultats sont encourageants, mais insuffisants pour éradiquer complètement le fléau. Il appelle à une mobilisation collective pour renforcer les mécanismes de dénonciation et la transparence.
Pour accentuer la lutte contre la corruption, l’ARCOP mise sur la digitalisation des processus de passation des marchés, la sensibilisation des citoyens et l’implication des jeunes et des médias. Un numéro vert (80008888) et une plateforme dédiée sur leur site web (https://arcop.tg) permettent aux citoyens de signaler les cas de fraude.

« Toute personne témoin d’une irrégularité dans une procédure de passation de marchés a le devoir de dénoncer ces faits. » « C’est une responsabilité citoyenne », a déclaré le juge Mensah Hillah.
Les enjeux financiers liés aux marchés publics attirent les convoitises et rendent la régulation complexe. Pourtant, l’ARCOP reste ferme : l’objectif est de garantir une gestion rigoureuse et éthique des fonds publics.
En renforçant la culture de la transparence et en engageant les différents acteurs de la société, l’ARCOP espère non seulement dissuader les pratiques frauduleuses, mais aussi redonner confiance aux citoyens dans la gestion publique.
Avec des efforts conjoints, la corruption, ce frein au développement, pourrait enfin reculer, ouvrant la voie à une commande publique plus intègre et efficace au Togo.
