Le bilan reste provisoire, mais la catastrophe survenue à Fès remet brutalement en lumière la vulnérabilité de l’habitat urbain marocain. Dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 22 personnes ont perdu la vie après l’effondrement de deux immeubles de quatre étages, selon l’agence officielle MAP.
Les deux bâtiments, mitoyens et occupés par huit familles, se sont écroulés sans prévenir, emprisonnant plusieurs habitants sous les décombres. Les équipes de secours, rapidement mobilisées, poursuivaient encore ce mercredi les recherches, même si les chances de retrouver des survivants demeurent extrêmement faibles.
D’après le média public SNRT, les immeubles présentaient des fissures visibles depuis longtemps, sans que des mesures préventives « efficaces » n’aient été prises. Une affirmation que Reuters n’a toutefois pas pu vérifier de manière indépendante. Sollicité par les médias, le ministère marocain de l’Intérieur n’a pas donné suite immédiatement.
Ce drame réactive les critiques sur la gestion des risques liés au bâti. Le Maroc reconnaît lui-même l’ampleur du problème : en janvier, le secrétaire d’État chargé du Logement, Adib Ben Ibrahim, avait indiqué que 38 800 immeubles étaient classés “à risque d’effondrement” à travers le pays. Dans des métropoles comme Casablanca, Marrakech, Tanger et Fès, plusieurs effondrements mortels récents ont déjà mis en évidence les faiblesses structurelles d’un parc immobilier ancien, souvent construit sans normes parasismiques ou insuffisamment entretenu.
À Fès, la nouvelle tragédie ravive donc les interrogations sur l’efficacité des politiques de prévention et sur la nécessité d’une mise à niveau urgente du logement urbain au Maroc.
