Cotonou, 7 décembre 2025, Ce dimanche, tôt dans la matinée, un groupe de militaires a pris l’antenne de la télévision nationale pour annoncer la destitution du président. À leur tête, le lieutenant-colonel Pascal Tigri, revendiquant le pouvoir au nom d’un « Comité militaire pour la refondation ». Mais en l’espace de quelques heures, les forces loyalistes fidèles au serment républicain ont mis fin à l’opération : le coup d’État a échoué, l’ordre constitutionnel est rétabli.
Dans une déclaration retransmise à la télévision le soir-même, Patrice Talon a déclaré : « La situation est totalement sous contrôle. Cette trahison ne restera pas impunie. » Il a rendu hommage aux forces armées pour leur loyauté, affirmant que grâce à leur mobilisation rapide, la tentative de putsch avait été « mise en échec ».
Talon a aussi exprimé sa solidarité avec les familles et les victimes de cette « aventure insensée » et promis que toute personne prise en otage ou encore aux mains de mutins en fuite serait retrouvée « saine et sauve ».
Dans la matinée, un petit groupe de soldats a fait irruption sur la chaîne publique, annoncé la dissolution du gouvernement, la suspension des institutions et la fermeture des frontières.
Mais les forces régulières ont rapidement repris le contrôle : restauration de la radio-télévision publique, interventions autour des lieux stratégiques, arrestations des mutins (13 selon le dernier bilan officiel).
Le biais militaire ayant échoué, la réaction internationale a suivi : Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a fermement condamné l’action, jugée « anticonstitutionnelle ». Union africaine (UA) a exprimé sa solidarité avec le gouvernement et le peuple béninois, réaffirmant que toute prise de pouvoir par la force constitue une violation des principes fondamentaux de l’organisation.
Grâce à la réactivité des forces loyales, le Bénin a évité une crise majeure. Patrice Talon a affirmé son contrôle et dénoncé la tentative comme un acte de « trahison » qui « ne restera pas impunie ».
Mais cette tentative, et le profil du meneur (Pascal Tigri), révèlent des fragilités internes, notamment autour du moral des forces armées et des inquiétudes sécuritaires. Le défi pour l’État béninois reste de restaurer la confiance, demeurer vigilant face aux menaces et garantir l’unité nationale.
