rédaction ruth etekpor
11 novembre 2025, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye annonce la fin de mission d’Aïssatou Mbodj, coordinatrice de la coalition « Diomaye Président » et proche du Premier ministre Ousmane Sonko. Cette décision, présentée comme une volonté de « renforcer la cohésion » au sein de la majorité, a immédiatement ét r*rejetée par le parti PASTEF, qui considère que le président a outrepassé ses prérogatives.
Le 12 novembre 2025, le bureau politique du PASTEF publie un communiqué officiel dans lequel il désavoue la décision présidentielle et affirme que le chef de l’État « n’a pas le pouvoir de démettre Mme Mbodj », rappelant que la coalition est une structure politique autonome. Le parti dénonce des « facteurs de division » introduits par la présidence et appelle à une clarification urgente des rôles institutionnels au sein de la majorité.
Cette crise intervient quelques jours après le « terameeting » du 8 novembre, un grand rassemblement organisé par Ousmane Sonko pour réaffirmer son leadership et sa légitimité politique. Malgré une forte mobilisation populaire, les tensions internes n’ont cessé de croître, révélant des divergences profondes entre les deux têtes de l’exécutif.
Le président Diomaye Faye a nommé Aminata Touré, ancienne Première ministre, pour succéder à Aïssatou Mbodj à la tête de la coalition. Ce choix, perçu comme un désaveu de Sonko, a été interprété comme une tentative de reprise en main de l’appareil politique par le président. Des voix s’élèvent au sein du PASTEF pour dénoncer une centralisation du pouvoir et une marginalisation des alliés historiques du mouvement.
Dans les rues de Dakar, la population reste divisée. Certains soutiennent la décision du président, estimant qu’il est temps de « professionnaliser » la coalition. D’autres, notamment les militants de base du PASTEF, y voient une trahison des engagements de campagne et une fracture au sommet de l’État.
Des analystes politiques évoquent déjà un bras de fer inévitable entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko, qui pourrait fragiliser la stabilité de l’exécutif. Pour l’instant, aucune rencontre officielle entre les deux hommes n’a été annoncée, mais des médiations seraient en cours en coulisses pour éviter une rupture ouverte.
