À l’Université de Lomé comme à l’Université de Kara, un vent de renouveau souffle. Deux nouvelles figures prennent les rênes des établissements phares de l’enseignement supérieur au Togo, à la veille d’une rentrée décisive. Un changement qui illustre la volonté des autorités d’insuffler une nouvelle dynamique académique et managériale.
Le paysage universitaire togolais se redessine. Par décrets présidentiels, de nouveaux responsables viennent d’être nommés à la tête des deux universités publiques du pays, ouvrant ainsi une page inédite dans la gouvernance de l’enseignement supérieur.
À Lomé, un juriste aguerri pour relever les défis de la capitale académique
À l’Université de Lomé (UL), le Professeur Kossivi Hounaké prend le relais du Prof. Adama Kpodar. Agrégé de droit public, ancien ministre délégué auprès du ministre du Commerce, il revient dans le monde académique avec une expérience politique qui pourrait se révéler précieuse.
L’Université de Lomé, plus grande institution d’enseignement supérieur du pays, concentre les défis : surpopulation estudiantine, infrastructures à moderniser, adaptation aux mutations technologiques et ouverture internationale. « Le défi est de consolider les acquis tout en orientant l’université vers un modèle plus inclusif et compétitif », confie un enseignant-chercheur de la faculté de droit.
À Kara, une pionnière de la médecine aux commandes
Du côté de l’Université de Kara (UK), c’est une femme qui marque l’histoire. Le Professeur Prénam Houzou-Mouzou succède au Prof. Kokou Tchariè. Médecin lieutenant-colonel, rhumatologue de référence et universitaire accomplie, elle dirige depuis plus d’une décennie le service de rhumatologie du CHU de Kara et, depuis 2024, la Faculté des sciences de la santé de l’UK.
Sa nomination est perçue comme un signal fort : « Nous devons faire de l’Université de Kara un pôle de savoir incontournable dans la sous-région », a-t-elle déclaré lors de la passation de charges. Avec elle, l’UK pourrait renforcer son positionnement dans la recherche médicale et scientifique, tout en consolidant son rôle de moteur académique dans le nord du pays.
Une transition stratégique pour l’avenir
Ces changements à la tête des deux universités ne sont pas anodins. Ils interviennent à un moment où le Togo ambitionne de repositionner son système éducatif comme un levier de développement. L’enseignement supérieur doit non seulement répondre à la demande croissante d’étudiants mais aussi s’arrimer aux exigences d’un marché du travail en pleine transformation.
Pour de nombreux observateurs, ces nominations traduisent une volonté politique d’injecter de nouvelles compétences dans la gestion des universités. « C’est une transition stratégique : les défis ne sont pas seulement académiques, ils sont aussi organisationnels et liés à l’insertion professionnelle des diplômés », analyse un expert en éducation basé à Lomé.
Une rentrée sous le signe de l’espoir
À quelques jours de la rentrée, l’arrivée de ces deux nouveaux visages à la tête des universités publiques nourrit des attentes. Étudiants, enseignants et partenaires espèrent voir s’ouvrir une ère où rigueur scientifique, innovation pédagogique et gouvernance participative iront de pair.
Dans un contexte de mondialisation du savoir, l’UL et l’UK ont une mission commune : rester des pôles de référence, ouverts sur la sous-région et capables de former des citoyens compétents, porteurs de solutions pour le développement du Togo.
