Lors du sommet très attendu d’Alaska entre Donald Trump et Vladimir Poutine, le maître du Kremlin a posé ses conditions pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Cessions territoriales, reconnaissance de la Crimée, levée de sanctions et neutralité de Kyiv vis-à-vis de l’OTAN figurent parmi les exigences que Moscou tente désormais d’imposer par la voie diplomatique.
Les principales conditions posées par Moscou
Selon des sources proches des discussions, Vladimir Poutine a présenté à Donald Trump un plan articulé autour de plusieurs exigences clés :
- Reddition de Donetsk et Louhansk : Kyiv devrait abandonner totalement ses positions dans les régions de Donetsk et de Louhansk, cédées officiellement à Moscou.
En échange, la Russie accepterait de geler les lignes de front dans les régions méridionales de Kherson et Zaporijjia. - Reconnaissance de la Crimée : Moscou réclame une reconnaissance formelle de la souveraineté russe sur la Crimée annexée en 2014.
Reste à déterminer si cette reconnaissance doit émaner des seuls États-Unis ou de l’ensemble des puissances occidentales. - Levée partielle des sanctions : Le Kremlin demande un allègement des sanctions occidentales, sans précision sur leur nature ni sur le calendrier.
- Blocage de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN : L’Ukraine devrait renoncer à son objectif stratégique d’intégrer l’Alliance atlantique.
Moscou se dit toutefois prêt à concéder des “garanties de sécurité” à Kyiv, dont les contours demeurent flous. - Questions culturelles et religieuses : Poutine exigerait un statut officiel pour la langue russe et la liberté d’action pour l’Église orthodoxe russe, malgré les accusations de Kyiv de collusion avec Moscou.
Trump s’aligne sur Moscou
Interrogé par Fox News après la rencontre, Donald Trump a reconnu avoir discuté avec Poutine de “transferts de terres” et de garanties de sécurité. L’ancien président américain, qui recevra Volodymyr Zelensky lundi à Washington, estime que Kyiv doit “accepter un accord”, affirmant que la Russie est “une très grande puissance, et pas eux”.
Ce discours marque un virage : plutôt qu’un cessez-le-feu, défendu par l’Ukraine et les Européens, Trump rejoint la logique de Poutine, qui réclame un accord de paix définitif basé sur des concessions territoriales.
Des conditions intenables pour Kyiv
Pour l’Ukraine, ces demandes s’apparentent à un diktat. Kyiv refuse toute reddition de ses territoires, considérant Donetsk et Louhansk comme une zone défensive cruciale.
De plus, céder sur la Crimée ou renoncer à l’OTAN reviendrait à renier deux piliers fondamentaux de sa stratégie nationale.
Une guerre diplomatique en perspective
Exclus du sommet d’Alaska, les Européens cherchent à reprendre la main. Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz coprésideront dimanche une réunion de la “Coalition des volontaires” avec Volodymyr Zelensky. Objectif : réaffirmer un front uni derrière Kyiv, au moment où Moscou tente de dicter ses conditions par l’intermédiaire de Trump.
