Lomé, 29 juin 2025 – Dans une déclaration forte et sans ambiguïté, les évêques du Togo ont élevé la voix face aux récents événements qui ont secoué le pays. À l’issue de leur 139e session ordinaire, les membres de la Conférence des Évêques du Togo (CET) ont dénoncé, avec gravité, la violence qui a marqué les journées du 26 au 28 juin à Lomé et dans d’autres villes du pays.
« Nous avons vu, et nous ne pouvons pas nous taire », semble être le message porté par les prélats, qui parlent d’« usage disproportionné de la force » pour disperser des manifestants. Sans pointer de doigt clairement une autorité politique ou un camp, l’Église condamne toute forme de violence, qu’elle vienne de l’État, des citoyens ou d’acteurs extérieurs.
Ce qui inquiète particulièrement les évêques, ce n’est pas seulement la brutalité des faits, mais la tendance à leur banalisation. « Faire croire le faux alors qu’on connaît le vrai est une violence morale », souligne la déclaration, signée par Mgr Benoît Alowonou, président de la CET. Selon les prélats, cette crise dépasse la sphère politique : elle révèle une fracture morale profonde, nourrie par le mensonge, la manipulation et l’indifférence envers la vie humaine.
Les évêques s’inquiètent d’un climat où la vérité devient relative, et où la souffrance des citoyens semble parfois ignorée ou justifiée au nom de l’ordre.
Dans un élan de compassion, la Conférence s’est inclinée devant la mémoire des victimes, exprimant ses condoléances aux familles endeuillées et sa solidarité aux blessés et traumatisés. Loin de tout calcul politique, l’Église rappelle sa mission spirituelle : accompagner, consoler et prier avec le peuple togolais.
« Le secours nous viendra du Seigneur qui a fait le ciel et la terre » (Ps 120, 2), écrivent-ils, en appelant les fidèles à se tourner vers Dieu dans la prière pour la paix.
La CET interpelle également les autorités, les forces de sécurité, les acteurs politiques et les leaders d’opinion. À chacun, les évêques demandent retenue, responsabilité et sincérité, pour préserver l’unité nationale et reconstruire la confiance.
Car au fond, ce que l’Église appelle de ses vœux, c’est un sursaut moral et citoyen. Un retour à l’essentiel : le respect de la vie, la vérité comme fondement du vivre-ensemble, et l’engagement de tous pour bâtir une société juste, paisible et fraternelle.
Dans une période troublée, la voix des évêques résonne comme un appel à l’unité, mais aussi à l’examen de conscience : Quel Togo voulons-nous bâtir ? Et à quel prix ?
