Lomé, 30 juin 2025 – À quelques heures du lancement officiel de la campagne électorale pour les municipales du 17 juillet, le climat politique togolais oscille entre vigilance et volonté d’apaisement. Le gouvernement, par la voix du ministre de l’Administration territoriale, le Colonel Hodabalo Awaté, se veut rassurant : « toutes les conditions sont réunies pour un scrutin sécurisé ».
Ce 29 juin, sur les antennes de la chaîne nationale TVT, le Colonel Awaté a martelé un message clair : l’État est en contrôle, et la stabilité du pays ne sera pas mise en jeu. Une réponse directe aux signaux de tensions qui montent dans certaines localités, sur fond de discours contestataires relayés par des membres de la diaspora et sur les réseaux sociaux.
Prévue du 1er au 15 juillet, la campagne s’ouvre dans un climat électoral chargé. Si les institutions comme la CENI (Commission électorale nationale indépendante) se disent prêtes, le contexte social, lui, est plus fragile. Depuis début juin, plusieurs regroupements spontanés ont été observés dans des quartiers populaires de Lomé. Certains ont rapidement dégénéré, avant d’être dispersés par les forces de l’ordre.
Face à ce climat, le gouvernement a mis en place une force spéciale baptisée “Élections locales 2025”, destinée à sécuriser l’ensemble du processus. Un accent particulier est mis sur la région des Savanes, toujours sous état d’urgence sécuritaire.
Le discours de l’exécutif reste ferme : pas de place à la déstabilisation. Les rassemblements qualifiés de « vandales » sont attribués à des influences extérieures, et la riposte sécuritaire est présentée comme « professionnelle et mesurée ». Mais au-delà de la réponse policière, le malaise politique demeure palpable, porté notamment par une partie de la jeunesse urbaine et de l’opposition qui ne se reconnaît plus dans les schémas politiques traditionnels.
Pour le pouvoir en place, il s’agit donc de tenir le cap institutionnel tout en évitant les dérapages. L’enjeu dépasse le simple cadre des municipales. Ce scrutin s’inscrit dans le processus de décentralisation administrative engagé depuis plusieurs années, visant à rapprocher les décisions des citoyens.
En garantissant le maintien du calendrier électoral et en assurant la sécurité du processus, le gouvernement envoie un signal fort : le Togo reste debout, maître de son agenda, et garant de la paix sociale. Cette posture entend conforter la légitimité du pouvoir central dans la gestion des collectivités locales, sans faire de la campagne un champ de bataille politique.
À la veille du coup d’envoi, le message est lancé : le Togo entre en campagne sous haute surveillance, mais dans la volonté affirmée de préserver l’ordre républicain.
