Lomé, 6 mai 2025 – Le Togo entre dans une page inédite de son histoire. Un changement de cap institutionnel majeur, un nouveau visage du pouvoir exécutif, une fonction présidentielle redéfinie… et au centre de cette transition : Faure Essozimna Gnassingbé, désormais premier Président du Conseil des ministres de la Cinquième République togolaise.
C’est officiel. Après deux décennies à la tête de la République, Faure Gnassingbé endosse un nouveau costume, cette fois sous les habits d’un chef d’exécutif parlementaire. Le 3 mai 2025, il a été élu par les députés à cette nouvelle fonction-clé, créée par la réforme constitutionnelle de mai 2024. Cette réforme, actée par le Parlement, a marqué le passage d’un régime présidentiel classique à un régime parlementaire, faisant du Président du Conseil des ministres le véritable détenteur du pouvoir exécutif.
Pour les partisans de cette réforme, il s’agit d’un pas vers une meilleure organisation de l’État, avec une gouvernance plus moderne et plus efficace. Mais dans les rangs de l’opposition, les critiques fusent. Plusieurs voix dénoncent une manœuvre pour pérenniser le pouvoir de Faure Gnassingbé, sans passer par une élection présidentielle au suffrage universel.
« C’est un glissement institutionnel maquillé », martèlent certains opposants, qui parlent même d’un « coup d’État constitutionnel ». Dans la rue comme sur les réseaux sociaux, les Togolais s’interrogent : ce changement servira-t-il vraiment l’intérêt général ?
Le défi est immense pour le nouveau Président du Conseil des ministres. Faure Gnassingbé devra composer avec une opinion publique exigeante, une jeunesse en quête d’opportunités, et une communauté internationale attentive. S’il parvient à rassurer, à moderniser l’administration, à stimuler l’économie et à préserver la paix, cette réforme pourrait être perçue comme un tournant positif.
Mais si les frustrations grandissent, le risque de tensions sociales et politiques ne peut être écarté.
Le Togo entame une nouvelle ère. Le décor institutionnel a changé. Le pouvoir s’est déplacé. L’histoire s’écrit, et les regards sont tournés vers Lomé. Dans les couloirs du pouvoir, une question s’impose : Faure Gnassingbé, version 2025, saura-t-il réinventer son leadership pour écrire une page d’avenir ?
