Rédaction : Ruth ETEKPOR
Les autorités togolaises ont exigé le départ des occupants des emprises ferroviaires de Lomé dans une note circulaire signée le 25 novembre 2025, leur donnant jusqu’au 30 novembre 2025 pour libérer les lieux dans le cadre d’un projet de réhabilitation du réseau ferroviaire national. Cette décision émane du Contre-Amiral Fogan Adégnon, Directeur général du Port Autonome de Lomé, et vise principalement les commerçants, artisans et autres occupants installés de manière illégale le long des voies ferrées, notamment dans la zone portuaire.
Cette mesure s’inscrit dans le cadre du projet de modernisation des infrastructures ferroviaires, qui prévoit la réhabilitation de la ligne reliant le Port Autonome de Lomé à la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA). L’objectif affiché est de renforcer la compétitivité logistique du Togo, en facilitant le transport de marchandises entre le port et les zones industrielles, tout en réduisant les embouteillages et les coûts de transport.
Cependant, cette décision suscite de nombreuses inquiétudes parmi les populations concernées. Pour beaucoup de commerçants installés depuis des années sur ces emprises, cette évacuation représente une perte de leur unique source de revenus. Certains dénoncent un manque de concertation et d’alternatives concrètes proposées par les autorités. « On nous demande de partir, mais on ne nous dit pas où aller. C’est ici que nous gagnons notre pain quotidien », confie une vendeuse de fruits installée depuis plus de dix ans près des rails.
De leur côté, les autorités locales insistent sur la nécessité de libérer ces espaces pour des raisons de sécurité et de développement. Elles affirment que des campagnes de sensibilisation ont été menées en amont et que les occupants ont été informés à plusieurs reprises de l’irrégularité de leur présence sur ces sites. Le gouvernement promet également d’accompagner les personnes concernées dans leur relocalisation, bien que les modalités de cet accompagnement restent floues pour l’instant.
La situation met en lumière les tensions persistantes entre impératifs de développement urbain et réalités socio-économiques. Alors que le Togo cherche à moderniser ses infrastructures pour attirer davantage d’investissements, la question de l’inclusion sociale et de la protection des plus vulnérables demeure cruciale. Les jours à venir seront décisifs pour évaluer la capacité des autorités à concilier ces deux exigences.
