La crise politique qui secoue actuellement le Sénégal a franchi un nouveau cap. Lors de sa conférence de presse tenue le 3 juin 2026, le leader du PASTEF et ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, a tenu des propos qui résonnent fortement dans le paysage politique sénégalais.
Face aux médias, Sonko a affirmé disposer de la capacité politique et parlementaire nécessaire pour faire tomber le nouveau gouvernement dirigé par Ahmadou Al Aminou Lo en l’espace de 72 heures. Une déclaration qui illustre l’influence considérable dont continue de jouir le PASTEF au sein des institutions du pays.
Toutefois, malgré cette démonstration de force, le leader politique a indiqué que son parti n’entendait pas engager une telle démarche dans l’immédiat. Selon lui, l’intérêt supérieur de la nation doit prévaloir sur les considérations partisanes. Il a ainsi appelé à un dialogue sincère afin d’éviter une nouvelle crise institutionnelle susceptible de fragiliser davantage la stabilité du Sénégal.
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte de rupture désormais assumée entre Ousmane Sonko et le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Le PASTEF a d’ailleurs refusé de participer au nouveau gouvernement formé après le départ de Sonko de la Primature, marquant ainsi une fracture politique majeure au sommet de l’État sénégalais.
En déclarant qu’il pourrait faire tomber le gouvernement en seulement 72 heures tout en choisissant de ne pas le faire, Ousmane Sonko cherche visiblement à envoyer un double message : démontrer le poids politique de son camp tout en se présentant comme un acteur responsable soucieux de préserver la stabilité du pays.
Cette déclaration risque néanmoins d’alimenter davantage les tensions entre les différentes composantes du pouvoir et ouvre une nouvelle séquence politique dont les conséquences pourraient être déterminantes pour l’avenir du Sénégal.
