Le ministère togolais des Affaires étrangères a ouvert, le 4 septembre 2025, sa rentrée diplomatique sous le signe de l’autonomie stratégique de l’Afrique. Dans un monde secoué par de nouvelles rivalités, Lomé veut se poser en hub de réflexion et d’action diplomatique.
Une rentrée sous haute portée géopolitique
La traditionnelle rentrée diplomatique organisée par le ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et des Togolais de l’extérieur a pris, cette année, des allures particulières. Placée sous le thème : « Nouvelles rivalités géopolitiques et autonomie stratégique de l’Afrique », elle a réuni diplomates togolais, membres du corps diplomatique accrédité à Lomé, ainsi que plusieurs invités de marque.
Le choix de ce thème illustre l’ambition du Togo : penser la place de l’Afrique dans un monde où les tensions entre grandes puissances – États-Unis, Chine, Russie, Union européenne – redessinent la carte des influences.
L’Afrique au centre des convoitises
Dans son allocution inaugurale, l’orateur principal, l’honorable Abderaman Koulamallah, ancien ministre tchadien des Affaires étrangères et sénateur, a mis en lumière la fragilité du continent face aux rivalités mondiales. « L’Afrique n’est pas condamnée à être un terrain d’affrontements. Elle doit construire son autonomie stratégique, s’affirmer et imposer ses priorités », a-t-il insisté, rappelant que les ressources africaines suscitent toutes les convoitises, mais que la gouvernance et l’unité demeurent les véritables clés de l’émancipation.
Lomé, un carrefour diplomatique en devenir
Au-delà des discours, cette rentrée a confirmé le rôle croissant du Togo dans les débats panafricains. Déjà hôte de plusieurs dialogues de paix en Afrique de l’Ouest et engagé dans la réforme des institutions multilatérales, le pays veut transformer Lomé en une capitale diplomatique de la sous-région.
Le ministre togolais des Affaires étrangères, Prof. Robert Dussey, a souligné que cette rencontre n’est pas seulement un rituel administratif, mais un espace de réflexion prospective. « Face aux recompositions en cours, le Togo entend contribuer activement à l’élaboration d’une pensée africaine autonome sur les grands enjeux mondiaux », a-t-il déclaré.
Penser l’autonomie stratégique
Les discussions ont mis en avant plusieurs axes prioritaires pour l’Afrique : sécurité collective, industrialisation, innovation technologique, mais aussi réforme des mécanismes de coopération avec les partenaires extérieurs. L’idée centrale reste la même : passer d’une Afrique spectatrice à une Afrique actrice, capable de négocier d’égal à égal avec les puissances.
Pour les diplomates présents, cette rentrée fut un signal fort : le Togo veut être plus qu’un relais de politique étrangère, il aspire à être un incubateur d’idées et de solutions africaines dans un monde multipolaire.
Une rentrée porteuse d’avenir
À l’heure où le continent se prépare à d’importants rendez-vous diplomatiques, notamment le 9ᵉ Congrès panafricain prévu à Lomé en 2025, cette rentrée diplomatique vient renforcer l’image du Togo comme un acteur crédible de la diplomatie africaine.
Si les défis sont immenses – instabilités régionales, dépendances économiques, pressions sécuritaires –, la rencontre du 4 septembre aura permis de rappeler qu’une autre trajectoire est possible : celle d’une Afrique souveraine, lucide sur ses intérêts et solidaire dans ses choix.
