Lomé, le 2 août 2025 – Dans une époque dominée par les écrans et les tendances venues d’ailleurs, un souffle ancestral a traversé l’espace Open The Box, porté par la voix grave et captivante d’Atavi G, maître-conteur togolais. Ce samedi, il a convié petits et grands à un voyage singulier à travers les contes traditionnels africains, lors d’un spectacle inédit baptisé « La Voix des Anciens ».

Ce deuxième épisode de son projet culturel, placé sous le signe de la transmission intergénérationnelle, a ravi un public avide de sens. Au cœur de l’événement : le désir profond de reconnecter une jeunesse souvent déracinée à ses fondements culturels.
Contes, miroir d’identité et école de la vie
Exit les artifices ! Sur une scène épurée, seule la parole régnait. Des récits comme « La marmite miraculeuse », « Le mort vivant » ou encore « Ça ne me regarde pas » ont captivé l’auditoire. Avec ses mots choisis et sa gestuelle maîtrisée, Atavi G tissait des leçons de vie simples mais puissantes, abordant des thèmes universels comme le courage, la responsabilité ou encore la solidarité.
Pour l’artiste, ce projet est un acte militant : « Nos jeunes sont en quête de modèles. Les contes ne sont pas de vieilles histoires inutiles ; ce sont des repères, des piliers de notre culture. Il est urgent de les réhabiliter. »
Une parole qui soigne et construit

Loin d’un simple divertissement, « La Voix des Anciens » a été perçu comme une véritable thérapie collective. Le psychologue clinicien N’da Sefiu K. Djo, intervenant durant la soirée, l’a bien souligné : « Ces moments de narration apaisent, ils permettent de réfléchir, de relativiser, de se reconstruire. »
Cette parole bienveillante, ancrée dans nos racines, a trouvé un écho particulier chez les jeunes. Gloria Senou, spectatrice conquise, s’émerveille : « Il a une manière magique de raconter. On se sent concerné, interpellé, nourri. C’est plus qu’un spectacle, c’est une transmission. »
Même son de cloche chez Vossah Le Boversman : « Ces contes m’ont rappelé l’essentiel : le travail, le respect, la patience. Des valeurs qu’on oublie trop souvent. »
Faire naître de nouveaux conteurs
Si le succès de l’événement est indéniable, plusieurs voix appellent à aller plus loin. Former des jeunes à l’art du conte, intégrer ces récits dans les écoles, créer des espaces réguliers de narration… Les idées fusent.
Atavi G, lui, ne compte pas s’arrêter là. Il rêve d’un mouvement culturel d’envergure, où les contes deviendraient un outil de réappropriation identitaire, de transmission de valeurs et de résilience face aux crises.
Un pas vers l’avenir, enraciné dans la parole des anciens
Avec « La Voix des Anciens », ce n’est pas seulement la tradition orale qui renaît, c’est tout un peuple qui se souvient qu’il porte, dans ses histoires, les clés de son avenir.
