Le royaume traditionnel de Glidji, berceau du peuple Guin dans la préfecture des Lacs au sud du Togo, traverse une zone de turbulences sans précédent. À l’approche des rituels sacrés et des cérémonies d’initiation, des tensions profondes secouent la chefferie, divisant notables, familles royales et adeptes de la tradition.
Selon des sources proches du palais, des individus venus du Bénin voisin ambitionneraient aujourd’hui de prendre le contrôle du trône. Ces prétendants étrangers, apparemment soutenus par certains acteurs locaux, alimentent une atmosphère de méfiance et de confusion dans une communauté déjà fragilisée par des années de rivalités internes.
Plus grave encore, plusieurs personnalités désormais influentes autour de la cour sont soupçonnées d’être d’anciens repris de justice violeurs, escrocs notoires ou manipulateurs patentés aujourd’hui réhabilités sans aucune forme de validation traditionnelle ou communautaire. Ces hommes imposeraient leur loi dans les sphères du pouvoir coutumier, marginalisant les véritables héritiers de la lignée royale.
La crise a atteint un nouveau paroxysme avec la révélation de deux pierres sacrées cette année. Dans la tradition guin, la sortie de la pierre blanche (kpessôssô) marque un moment sacré, généralement reconnu à l’unanimité. Or, cette année, deux Hounô se sont opposés publiquement, chacun affirmant détenir la « vraie » pierre. L’un est soutenu par une partie de la chefferie et du peuple, tandis que l’autre bénéficie d’un appui plus opaque, mêlant politique, influence économique et manipulations internes.
Faut-il s’attendre à la reconnaissance parallèle de deux rois ? De deux fiôtô ? Cette éventualité, encore taboue il y a quelques mois, semble de plus en plus plausible, au vu du climat d’instabilité qui règne dans le royaume.
Autre fait troublant : l’implication d’une femme, connue pour ses manipulations se présente comme une proche des plus hautes autorités de l’État. Selon plusieurs témoins, elle n’hésiterait pas à menacer les vrais princes et princesses en utilisant le nom du président de la République ou de certaines figures du gouvernement.
Cette stratégie d’intimidation semble viser à faire taire les voix légitimes qui dénoncent les dérives et à imposer un ordre nouveau, loin des traditions séculaires guin.
La situation actuelle pose des questions fondamentales sur l’avenir de la royauté à Glidji. La sacralité des rites, la légitimité des autorités traditionnelles et la stabilité culturelle d’un peuple tout entier sont mises à rude épreuve.
Alors que les fidèles attendent un signal d’apaisement et de vérité, le royaume de Glidji semble plus que jamais à la croisée des chemins. La paix reviendra-t-elle par la tradition ? Ou faudra-t-il un arbitrage plus élevé pour rétablir l’ordre dans ce haut lieu symbolique de l’identité guin ?
Nous vous reviendrons dans les details…
