Lomé, 29 avril 2025
Les relations entre le Burkina Faso et les États-Unis ont connu une nouvelle secousse après des déclarations controversées du général américain Michael Langley, commandant de l’US AFRICOM. Lors d’une audition devant le Sénat américain, le général Langley a accusé le président de la transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, de “détournement” des réserves d’or du pays à des fins personnelles, notamment pour assurer sa sécurité et maintenir son pouvoir.
Ces affirmations ont immédiatement provoqué une onde de choc à Ouagadougou. Le gouvernement burkinabè, à travers plusieurs voix, a dénoncé des propos “infondés” et “graves”, y voyant une tentative d’ingérence dans les affaires internes d’un État souverain. De nombreux citoyens et responsables politiques ont appelé à la mobilisation pour défendre l’honneur national. Une grande manifestation de soutien au président Traoré est d’ailleurs prévue pour le 30 avril 2025 à la Place de la Révolution.
Dans une tribune largement relayée, Kamanga Mathias Zida a exprimé “son indignation” face à ce qu’il qualifie d’attaque directe contre la souveraineté du Burkina Faso. “Nous sommes au regret de vous dire : le Burkina Faso d’abord !”, a-t-il martelé. De son côté, Amadou Tall, ancien élu du Mouvement pour la Démocratie en Afrique (MDA), a condamné “une tentative flagrante d’atteinte à l’intégrité nationale”.
Ajoutant à la tension, des rumeurs font état de la présence actuelle du général Michael Langley en Côte d’Ivoire, un pays voisin du Burkina Faso. Cette information non officiellement confirmée alimente les spéculations sur de possibles stratégies américaines dans la région, à un moment où Ouagadougou multiplie ses initiatives pour diversifier ses partenariats diplomatiques, notamment avec la Russie et la Chine.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, le capitaine Ibrahim Traoré s’est donné pour mission de restaurer l’intégrité territoriale du Burkina Faso face à l’insécurité grandissante, tout en prônant une souveraineté renforcée dans les relations internationales. Les tensions avec les anciennes puissances coloniales et leurs alliés semblent s’inscrire dans cette dynamique.
Le Burkina Faso, qui cherche à s’affranchir des influences extérieures, affirme qu’il poursuivra sa politique “libre et souveraine” malgré les pressions.
