Les communes togolaises font face à une problématique de taille : le manque de professionnels qualifiés pour superviser et contrôler le secteur de la construction. Ce lundi 21 octobre 2024 à Lomé, l’Ordre National des Ingénieurs du Togo (ONIT), avec le soutien de l’Ordre National des Architectes du Togo (ONAT), a tiré la sonnette d’alarme sur cette situation qui compromet la sécurité des constructions dans le pays.
Depuis la mise en place de la décentralisation en 2019, de nouvelles responsabilités ont été transférées aux communes, en particulier en matière de permis de construire et de supervision des travaux publics. Cependant, l’absence de ressources humaines et techniques adéquates pour assurer ces tâches a laissé de nombreuses communes dans l’incapacité d’exercer pleinement leurs fonctions. Cette lacune a des conséquences graves, avec plusieurs incidents de construction défaillante qui ont déjà provoqué des pertes humaines

« La décentralisation est censée être un moteur de développement pour les communes, mais sans experts qualifiés, il est impossible de garantir la sécurité des constructions », a expliqué un représentant de l’ONIT. Le manque d’ingénieurs et d’architectes au niveau local rend difficile la vérification de la conformité des bâtiments aux normes de sécurité et de qualité. Les administrations municipales peinent à mettre en œuvre des contrôles rigoureux, ce qui expose les citoyens à des risques de collapsus ou d’effondrements.
Les professionnels du secteur dénoncent également la carence en équipements et en formations adaptées pour la supervision des chantiers. Même si des obligations légales existent pour encadrer la construction, leur application reste faible à cause de ce déficit de compétences. De plus, les municipalités, souvent débordées, n’ont pas les moyens d’effectuer des inspections régulières des travaux, ce qui aggrave la situation.
Pour pallier cette crise, l’ONIT et l’ONAT recommandent des solutions urgentes au gouvernement, telles que la formation et le recrutement d’ingénieurs et d’architectes au sein des équipes municipales. Ces experts seraient chargés de veiller à la conformité des constructions aux normes nationales et internationales et de garantir la sécurité des infrastructures publiques et privées. Les ordres professionnels suggèrent par ailleurs que des programmes de renforcement des capacités soient mis en place pour former les agents municipaux à la gestion des projets de construction.

La décentralisation représente indéniablement un progrès pour rapprocher l’administration des citoyens. Cependant, pour qu’elle soit pleinement efficace, elle doit s’accompagner d’investissements dans les ressources humaines et techniques. En renforçant les équipes municipales par des experts qualifiés, le Togo pourra non seulement améliorer la gestion de ses communes, mais aussi offrir un environnement de vie plus sûr et plus fiable à ses citoyens.
Le Togo est à un tournant où un investissement dans la formation et la qualification des professionnels du secteur de la construction pourrait faire une différence significative. Les autorités doivent prendre des mesures concrètes pour combler ce vide et garantir un développement urbain durable et sécurisé pour toutes les communes du pays.
