Dans la commune d’Ogou 3, située dans la préfecture de l’Ogou, la situation des contrôles routiers suscite une vive controverse, notamment sur les axes menant au marché de Gléi.
Les voies de Gléi Madjamakou et de Gléi Kpatégan, connues pour être des artères stratégiques desservant directement le marché, sont aujourd’hui au cœur des dénonciations. Selon plusieurs usagers, ces axes seraient devenus des points de contrôle récurrents où des agents des forces de l’ordre exigeraient des paiements systématiques.
D’après les témoignages recueillis, les motocyclistes seraient contraints de verser des sommes allant de 200 à 500 francs CFA, même lorsqu’ils disposent de toutes les pièces administratives requises. Une situation que de nombreux habitants assimilent à des pratiques de raquette.
Dans un courrier daté du 3 mars 2026, M. SOKINA Essohanam Francis, assistant juridique et acteur de la société civile, a saisi l’autorité municipale afin d’alerter sur ces agissements. Il évoque notamment des atteintes aux libertés fondamentales garanties par la Constitution du 6 mai 2024, en particulier la libre circulation et la sécurité des citoyens.
Une seconde alerte a été formulée le 17 mars 2026 par le conseiller municipal KOBA Gbokanle. Dans sa correspondance, l’élu local dénonce des prélèvements qu’il qualifie de « systématiques » sur ces mêmes axes, en particulier aux abords du marché de Gléi.
Les jours de forte affluence, notamment les lundis et mardis, jours de marché, seraient les plus concernés. Pour les dénonciateurs, cette fréquence laisse penser à une organisation ciblée visant les usagers en période de grande mobilité.
« Nous avons eu la patience d’observer et d’analyser ces pratiques, mais il nous ressort que celles-ci sont des pratiques sans textes légaux justificatifs… », affirme M. SOKINA Essohanam Francis, qui se dit déterminé à poursuivre son engagement aux côtés des populations.
Ces pratiques, jugées abusives, contribuent à instaurer un climat de méfiance entre les populations et les forces de sécurité. Elles contrastent avec les objectifs affichés au niveau national en matière de cohésion sociale et de protection des citoyens.
Malgré les différentes interpellations adressées aux autorités locales, aucune réaction officielle n’a été enregistrée à ce jour. Sur le terrain, les contrôles décriés se poursuivent, accentuant le sentiment d’injustice chez les usagers.
Face à cette situation, des initiatives citoyennes commencent à émerger. Certains habitants envisagent des actions de mobilisation afin de dénoncer ces pratiques et exiger des mesures correctives. Parmi leurs revendications figurent la fin immédiate des prélèvements illégaux, une clarification du cadre réglementaire des contrôles routiers et le rétablissement d’un climat de sécurité et de confiance.
Dans l’attente d’une prise de position des autorités compétentes, la tension reste palpable sur les voies du marché de Gléi, devenues le symbole d’un malaise grandissant au sein de la commune d’Ogou 3.
