Annoncer un déluge mondial, promettre une arche salvatrice et mobiliser les réseaux sociaux : le scénario semblait tout droit sorti d’un film biblique version numérique. Pourtant, au Ghana, la fin de l’histoire s’est écrite autrement. Pas d’inondation, pas d’animaux en file indienne, mais une intervention policière bien réelle.
Connu sous le nom d’usage Ebo Noah, de son vrai nom Evans Eshun, l’homme s’est rendu célèbre sur les plateformes numériques en annonçant une inondation mondiale prévue pour le 25 décembre 2025. Pour faire face à cette catastrophe annoncée, il affirmait être en train de construire une arche, censée sauver ceux qui croyaient à sa prophétie.
Buzz, foi et confusion
Relayées massivement, ses déclarations ont suscité peur, fascination et moqueries, tout en alimentant un débat intense sur la frontière entre foi, liberté d’expression et désinformation. Certains y voyaient un message spirituel, d’autres une mise en scène destinée à capter l’attention.
Quand la police remplace le déluge
Dans la nuit du 31 décembre 2025, alors que le monde célébrait le passage à la nouvelle année, la Special Cyber Vetting Team de la police ghanéenne est intervenue. Ebo Noah a été interpellé dans le cadre d’une enquête portant sur ses déclarations publiques et leur impact sur l’ordre social.
Selon les premières informations, l’arrestation serait liée à des accusations de diffusion de fausses prophéties, de désinformation et de panique publique présumée. Les autorités n’ont toutefois pas encore communiqué officiellement sur la nature exacte des charges retenues.
Une arche virtuelle, une affaire bien réelle
Si l’arche n’a jamais vu le jour, l’affaire, elle, est bien concrète. Elle rappelle la puissance des réseaux sociaux et la rapidité avec laquelle une annonce spectaculaire peut devenir un phénomène national, voire international.
Foi, responsabilité et réseaux sociaux
Cette situation relance la réflexion sur la responsabilité des leaders d’opinion, qu’ils soient religieux, influenceurs ou simples citoyens. À l’ère numérique, une prophétie virale peut provoquer bien plus de vagues qu’une pluie annoncée.
En attendant la suite de la procédure judiciaire, une certitude demeure : le 25 décembre est passé sans déluge, mais la fin d’année a été marquée par une arrestation.
