Lomé, capitale stratégique des idées africaines. Ce lundi 08 décembre 2025, le Président du conseil Faure Essozimna Gnassingbé a donné le coup d’envoi du 9ᵉ Congrès panafricain, réunissant les panafricanistes, intellectuels, ministres, entrepreneurs, acteurs de la société civile et représentants des diasporas. Plus qu’une cérémonie d’ouverture, l’événement marque une volonté assumée du Togo : transformer Lomé en un véritable hub de réflexion et d’expérimentation du panafricanisme moderne.
Depuis 1900, les congrès panafricains ont accompagné les combats pour la dignité, l’émancipation et l’unité du continent. Mais cette neuvième édition, organisée avec le soutien de l’Union africaine, introduit une nouvelle dynamique : faire du panafricanisme une force d’exécution, capable d’apporter des réponses directes aux urgences du continent.
Dans son discours d’ouverture, le chef de l’État togolais a défendu une vision claire : l’Afrique doit désormais passer d’une coopération symbolique à une coopération stratégique, construite autour de projets concrets et mesurables.
Pour Faure Gnassingbé, la puissance africaine se trouve dans quatre leviers clés :
- une jeunesse créative, majoritaire et porteuse d’innovation ;
- des diasporas organisées, dont le poids économique dépasse celui de l’aide internationale ;
- des ressources naturelles maîtrisées, comme moteur souverain de transformation ;
- une solidarité afrodescendante, essentielle pour unir le récit africain dispersé.
« L’Afrique n’a pas besoin d’être sauvée. Elle doit être écoutée. Et unie. » a-t-il affirmé, appelant à une reconquête du récit africain et à une présence renforcée du continent dans la gouvernance mondiale.
Lomé accueille donc un débat de fond autour de six priorités :
- sécurité et stabilité,
- industrialisation,
- transition climatique,
- gestion des migrations,
- gouvernance inclusive,
- innovations numériques.
Autant de domaines dans lesquels les délégations veulent bâtir des coalitions africaines afin de peser ensemble sur les décisions internationales, notamment sur la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU et des institutions financières mondiales.
Le choix du Togo n’est pas anodin. Depuis plusieurs années, Lomé s’affirme comme un carrefour diplomatique et un espace de médiation entre États. Cette fois encore, la capitale togolaise devient le théâtre d’une transformation idéologique majeure : celle d’un panafricanisme concret, centré sur les solutions, les partenariats et les résultats.
En accueillant ce congrès, le Togo assume son rôle : être un pays-pivot, capable d’articuler visions politiques, innovations africaines et aspirations citoyennes.
Le 9ᵉ Congrès panafricain ouvre une séquence décisive. À Lomé, les réflexions dépassent les slogans pour se rapprocher de stratégies opérationnelles. Car c’est désormais cela le nouveau défi panafricain : penser ensemble, agir ensemble, peser ensemble.
Pour les participants, une certitude se dégage déjà :
c’est depuis Lomé que l’Afrique écrit, en 2025, un chapitre renouvelé de son unité et de sa souveraineté.
