rédaction : Ruth Etekpor
Depuis le 21 novembre 2025, le Togo est secoué par une affaire judiciaire et politique impliquant Grâce Bikonibiyate Koumayi, sage-femme togolaise arrêtée en juin 2025 pour sa participation à une manifestation pacifique. Le 21 novembre, la Gendarmerie nationale publie un communiqué officiel niant les accusations de viol portées par la détenue, affirmant qu’aucune plainte n’a été formulée lors de son arrestation ni devant le parquet.
Le 22 novembre, plusieurs organisations de défense des droits humains, dont la FIDH et Amnesty Togo, dénoncent publiquement les propos de la gendarmerie, estimant que les conditions de détention au Togo ne permettent pas aux victimes d’exprimer librement leurs violences subies. Elles réclament une enquête indépendante et la mise en place d’un protocole médical pour vérifier les allégations de Grâce Koumayi.
Le 23 novembre, la gendarmerie réitère sa position à la télévision nationale togolaise, qualifiant les accusations de mensongères et politiquement motivées. Elle affirme que la détenue n’a jamais été extraite de la prison civile de Lomé pour un examen médical et que les allégations de viol ne reposent sur aucun fondement. Cette déclaration provoque une vague d’indignation sur les réseaux sociaux, où des citoyens et militants dénoncent une tentative d’étouffement de la vérité.
Le 24 novembre, Grâce Koumayi publie une lettre manuscrite depuis sa cellule, relayée par plusieurs médias togolais. Elle y affirme avoir été violée et torturée par des agents de sécurité, et déclare qu’elle n’a jamais eu l’opportunité de s’exprimer librement devant un juge. Elle accuse les autorités de vouloir la faire taire et appelle à la mobilisation citoyenne pour la vérité et la justice.
Le 25 novembre, des rassemblements spontanés sont organisés devant la prison civile de Lomé et devant le ministère de la Justice. Les manifestants brandissent des pancartes avec les mots « Justice pour Grâce » et « Stop à l’impunité ». Le gouvernement reste silencieux, tandis que des députés de l’opposition demandent l’ouverture immédiate d’une enquête parlementaire. La tension monte dans la capitale, et plusieurs ONG internationales annoncent leur intention de saisir la Cour africaine des droits de l’homme.
