Togo – JUIN 2025. À quelques jours de l’ouverture des urnes pour les élections municipales du 17 juillet, l’Union des Forces de Changement (UFC) peaufine sa stratégie de terrain. Loin d’une participation massive, le parti de Gilchrist Olympio joue la carte de la présence ciblée, misant sur une reconquête progressive du paysage politique local.
Lors d’un point de presse tenu le dimanche dernier, les responsables du parti ont dévoilé les grandes lignes de leur plan d’action. Résultat : 36 candidatures officiellement déposées sur les 117 communes que compte le Togo. Un chiffre modeste, mais assumé. « Nous avons choisi la qualité à la quantité », a confié Senanu Kokou Alipui, vice-président de l’UFC. « L’objectif n’est pas de se disperser, mais de capitaliser là où nos structures sont solides et prêtes à convaincre ».
Pour l’UFC, ces élections municipales dépassent les enjeux locaux. Le parti les considère comme une étape dans une trajectoire plus large : celle d’un changement démocratique pacifique par les urnes. « Qu’on gagne ou qu’on perde, l’alternance passera par le vote. Il n’y a pas d’autre voie durable pour bâtir le Togo de demain », a insisté Alipui. À travers cette déclaration, le parti envoie un signal fort : il reste engagé dans le processus républicain, même dans un contexte électoral souvent critiqué par d’autres forces de l’opposition.
Le bilan des précédentes municipales reste un point de départ. En 2019, l’UFC n’avait obtenu que 41 sièges sur 1 527, un résultat décevant. Cette fois, le parti entend corriger le tir, non pas en se dispersant, mais en concentrant ses ressources humaines et politiques dans les zones clés.
En se positionnant ainsi, l’UFC tente de reprendre pied là où elle garde une base militante vivante, tout en préparant une génération locale d’élus capables de porter ses valeurs à long terme.
Le discours de l’UFC tranche avec celui de certaines formations qui appellent au boycott ou à la contestation radicale. Le parti se veut opposition constructive, convaincue que la transformation du Togo passe par les institutions, même imparfaites. « Si l’opposition devient majoritaire à l’issue de ce scrutin, le changement viendra de lui-même », affirme Alipui, misant sur le jeu démocratique et la mobilisation populaire.
En s’alignant pour les municipales de 2025 avec lucidité, stratégie et conviction, l’UFC ne cherche pas un coup d’éclat, mais une montée progressive, locale, patiente et déterminée vers l’alternance politique. Un pari risqué, mais qui pourrait repositionner le parti comme acteur crédible du renouveau démocratique au Togo.
