Le Nouvel Engagement Togolais (NET) est en pleine tourmente. Depuis le départ de son fondateur charismatique, Gerry Taama, la formation politique peine à maintenir sa cohésion. Sous la présidence de Jules Amim, le parti est désormais secoué par une série de départs et de tensions internes qui exposent au grand jour ses fragilités structurelles.
L’un des départs les plus retentissants est celui de Magloire Attoh Mensah, ancien cadre influent du parti. Dans une déclaration sans détour, il dénonce une gestion approximative, une trahison de la ligne politique initiale et surtout l’organisation controversée de deux congrès parallèles, tous deux curieusement validés par les autorités. Pour lui, cette situation symbolise une perte de crédibilité et un éloignement alarmant des idéaux fondateurs du NET.
Mais Magloire Attoh n’est pas le seul à claquer la porte. D’autres figures importantes, comme Cyrille Codjia Dossou, ont également pris leurs distances. Celui-ci évoque une rupture avec ses convictions personnelles, désormais incompatibles avec la nouvelle orientation du parti. Le chargé de communication, Alassani Amadou Rabiou, parle pour sa part de “violations flagrantes” des textes internes, notamment lors de la désignation du nouveau secrétaire général, effectuée sans consultation des organes compétents.
Face à cette vague de démissions, le président Jules Amim tente de rassurer l’opinion. Il affirme n’avoir reçu officiellement aucune lettre de retrait, minimisant ainsi la portée de la crise. Pourtant, sur le terrain, les tensions sont palpables, et les militants s’interrogent sur la direction que prend leur formation.
Derrière cette instabilité se profilent des enjeux plus profonds : querelles idéologiques, luttes d’influence, gestion du pouvoir interne… Le NET semble pris dans une spirale où les ambitions individuelles prennent le pas sur la vision collective.
Si aucune action décisive n’est entreprise pour restaurer la confiance et clarifier la ligne politique, le parti risque non seulement une perte de crédibilité, mais aussi un effritement de sa base militante. Une recomposition du paysage politique n’est pas à écarter, avec l’émergence possible de nouvelles forces issues de cette fracture interne.
Dans ce contexte délicat, les prochains mois seront cruciaux pour l’avenir du NET. Le défi : redonner une âme au parti, sans Gerry Taama, mais avec une nouvelle ambition claire, partagée et rassembleuse.
