Riot police officers patrol the street as they try to stop protesters from gathering in front of the College Saint Joseph in Lome, Togo February 28, 2020. REUTERS/Luc Gnago - RC2T9F93GAG6
Un crime choquant secoue la région Centrale du Togo, où deux agents de police en poste à Djarkpanga, dans la préfecture de Mô, ont été arrêtés pour le meurtre brutal d’une revendeuse de produits de première nécessité. L’affaire, survenue le mardi 13 mai 2025, a rapidement suscité l’émoi au sein de la communauté locale.
Selon un communiqué officiel de la Gendarmerie nationale, les deux policiers, identifiés comme Abdou-Sharif A. et Ernest A. K., ont pénétré de force dans la maison de la victime aux alentours de 13 heures. Sous prétexte d’achat, ils ont agressé la commerçante avec un pilon, un objet qu’elle utilisait dans son activité, lui portant un coup fatal à la nuque. La victime est morte sur le coup.
Un jeune habitant du village, venu acheter une cigarette à la boutique de la victime, a failli être témoin du drame. Les deux hommes, conscients d’être reconnus, lui ont assuré que la dame n’était pas chez elle avant de quitter précipitamment les lieux.
Ce n’est que plus tard dans la journée que les habitants ont découvert le corps sans vie de la commerçante, plongeant la communauté dans une profonde consternation. Des témoignages collectés sur place ont rapidement permis d’orienter les soupçons vers deux individus, identifiés comme policiers.
Grâce à la coopération de la population et à un travail minutieux de la Gendarmerie, les deux suspects ont été localisés et arrêtés le jeudi 15 mai, aux environs de 20 heures, dans la zone de Zanguéra.
Lors de leur interrogatoire, Abdou-Sharif et Ernest ont reconnu les faits, dévoilant un plan prémédité. Ils ont expliqué qu’ils étaient déjà venus la veille au domicile de la victime, mais avaient renoncé en raison de la présence du mari de la commerçante. Leur retour, le jour du crime, visait à commettre leur forfait sans témoin.
Pour distraire la victime, Abdou-Sharif a demandé à la commerçante si les pilons étaient à vendre. Lorsque celle-ci a refusé, il a profité qu’elle ait le dos tourné pour la frapper violemment. Pendant ce temps, son complice fouillait la maison pour récupérer de l’argent. Une fois le crime commis, ils ont pris la fuite en direction de Lomé.
Interrogés sur leur motivation, ils ont affirmé avoir agi par besoin d’argent, nécessaire à leur projet de fuite ou de désertion. Ils avaient repéré que la victime gardait de l’argent visible dans sa boutique, ce qui l’a fait cibler.
La Gendarmerie nationale a fermement condamné cet acte odieux et présenté ses condoléances à la famille de la victime. Les deux policiers ont été immédiatement placés en garde à vue, et une enquête judiciaire approfondie est en cours pour déterminer toutes les responsabilités et faire la lumière complète sur cette affaire.
Cet incident rappelle l’importance d’une vigilance accrue dans la gestion des forces de l’ordre et interpelle sur la nécessité de renforcer la discipline et l’éthique au sein des corps de sécurité.
Ce drame douloureux à Djarkpanga est un signal d’alarme pour les autorités togolaises, qui doivent garantir que la justice soit faite et que de tels actes ne se reproduisent pas, pour restaurer la confiance des citoyens envers leurs protecteurs.
