Par Ruth Etekpor
La non-employabilité demeure un véritable défi pour les personnes handicapées, malgré leurs longues années d’études, surtout au Togo. Autrefois, naître avec un handicap – en particulier visuel – signifiait voir sa vie compromise dès le départ. Fréquenter l’école était presque impossible, et beaucoup restaient à la maison sans perspective d’avenir.
Heureusement, avec le temps et grâce à l’appui de partenaires étrangers, des écoles spécialisées ont vu le jour, permettant aux personnes handicapées d’accéder à l’éducation au même titre que les autres. Cette avancée a redonné espoir à beaucoup d’entre nous.
Cependant, après tous ces efforts et ces sacrifices, une autre barrière subsiste : l’accès à l’emploi. Nous, personnes handicapées, nous battons courageusement pour aller à l’école, souvent dans des conditions très difficiles. Il faut beaucoup de détermination pour surmonter les obstacles quotidiens liés à notre situation. Et pourtant, nombreux sont ceux parmi nous qui, après avoir obtenu le baccalauréat, la licence, la maîtrise ou même le doctorat, se retrouvent sans emploi.
Je tiens à remercier l’État togolais pour les efforts déjà entrepris afin d’intégrer certaines personnes handicapées dans le monde du travail. Mais il reste encore beaucoup à faire. Car nous sommes nombreux à détenir des diplômes sans pour autant trouver d’opportunités correspondant à nos compétences.
Nous demandons humblement à nos autorités de renforcer les politiques d’insertion professionnelle et de nous aider à trouver des emplois adaptés à nos profils. L’aide financière seule ne suffit pas : elle ne répond pas à tous nos besoins et ne valorise pas nos capacités. Nous voulons travailler dignement, contribuer au développement du pays et prouver que le handicap n’est pas une fatalité.
Aujourd’hui encore, beaucoup d’entre nous demeurent à la charge de nos parents, malgré nos diplômes et nos talents. Cette situation crée parfois du stress, de la frustration et même des tensions au sein des familles. Pourtant, nous avons des compétences, des ambitions et des rêves à réaliser.
Nous demandons donc au gouvernement togolais de nous accorder une attention particulière, de nous accompagner dans la mise en valeur de nos talents et de nous donner la chance de prouver ce que nous valons.
Ce message est un cri du cœur adressé à nos autorités, et plus particulièrement au Premier Responsable de l’État togolais, afin que notre appel soit entendu et que des actions concrètes soient menées pour notre inclusion effective.
